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Paul et Pauline devant le juge ou le médiateur ?

Dernière mise à jour : 1 mai 2020

Au regard de mon expérience d'avocate, profession que j'ai abandonnée en 2017 en devenant médiateur, je réponds à la question : pourquoi la justice ne peut répondre à toutes nos attentes et pourquoi pour de nombreux litiges, la médiation est un choix judicieux .

 

Chacun se souvient, sauf l’enfant unique, s’être un jour bagarré avec son frère ou sa soeur et être ensuite allé rechercher son papa ou sa maman comme arbitre.


Imaginons la scène.


Pauline âgée de 6 ans se bagarre avec son frère Paul, son ainé de 2 ans. Paul dessine. Pauline lui tourne autour, attrape un pinceau et gribouille sur le dessin. Paul énervé la bouscule. Pauline part en pleurs et trouve l’un de ses parents — Paul m’a frappé ».


Les deux parents ont toujours élevé leurs enfants dans l’amour et ne supportent pas les disputes. Le conflit leur fait peur et ils pensent qu’il est de leur devoir d’y mettre fin. Pauline porte sur le bras les marques de la bousculade. La preuve est suffisante. Le parent appelle Paul qui arrive, la tête légèrement entrée dans les épaules. — pourquoi as-tu frappé ta soeur ? Tu n’es

pas gentil. Tu es puni. Va dans ta chambre. Paul repart sans pleurer, car un garçon ne pleure pas et Pauline se fait réconforter.


Imaginons que le parent veuille savoir ce qui s’est passé, car, s’il est normal de se disputer, le parent doit punir le coupable. Le parent va interroger chacun à son tour Pauline et Paul pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Pauline et Paul espèrent chacun que l’histoire qu’il racontera lui donnera raison et que l’autre sera puni. Chacun va alors raconter l’histoire en prenant le soin de mettre de côté tout ce qui pourrait le desservir. C’est un réflexe normal, qui, enfant, oserait mettre en avant sa responsabilité sachant que la sanction tombera. Le parent va ensuite punir l’un ou l’autre de ses enfants, en fonction de l’image qu’il se sera faite de ce qui s’est passé.


Imaginons la scène.

Pauline âgée de 6 ans se bagarre avec son frère Paul, son ainé de 2 ans. Paul dessine. Pauline lui tourne autour, attrape un pinceau et gribouille sur le dessin. Paul énervé la bouscule. Pauline part en pleurs et trouve l’un ses parents — Paul m’a frappé ».


Les deux parents ont toujours élevé leurs enfants dans l’amour et ne supportent pas les disputes. Le conflit leur fait peur et ils pensent qu’il est de leur devoir d’y mettre fin. Pauline porte sur le bras les marques de la bousculade. La preuve est suffisante. Le parent appelle Paul qui arrive, la tête légèrement entrée dans les épaules. — pourquoi as-tu frappé ta soeur ? Tu n’es

pas gentil. Tu es puni. Va dans ta chambre. Paul repart sans pleurer, car un garçon ne pleure pas et Pauline se fait réconforter.


Imaginons que le parent veuille savoir ce qui s’est passé, car, s’il est normal de se disputer, le parent doit punir le coupable. Le parent va interroger chacun à son tour Pauline et Paul pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Pauline et Paul espèrent chacun que l’histoire qu’il racontera lui donnera raison et que l’autre sera puni. Chacun va alors raconter l’histoire en prenant le soin de mettre de côté tout ce qui pourrait le desservir. C’est un réflexe normal, qui, enfant, oserait mettre en avant sa responsabilité sachant que la sanction tombera.Le parent va ensuite punir l’un ou l’autre de ses enfants, en fonction de l’image qu’il se sera faite de ce qui s’est passé.


Selon vous, Paul et Pauline vont aller voir le juge ou le médiateur ?


91 vues1 commentaire

1 comentariu


nathalie.mauvieux
01 mai 2020

Bravo pour cet article inspirant et éclairant. Avec une grande générosité, Anne nous fait part de son vécu professionnel, de l'intérieur, avec une prise de recul qui ouvre les questionnements. Elle nous parle de son parcours en tant qu'ancienne avocate, des limites de la pure application de la règle de droit dans le règlement des conflits, et de son appel presque instinctif vers la médiation. Accompagné d'exemples concrets issus de ses années de pratique, son témoignage met en lumière, par le contraste de ses deux vies professionnelles successives, la portée et la pleine légitimité de la médiation.

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